CHAPITRE 7


Des lamentations toujours plus fortes me réveillent brutalement... J’ouvre les yeux. Je me lève et découvre que la pierre de mon rêve, oui un rêve ! … est posée sur mon lit. La croix Ankh ! Comment est-ce possible ? 
 Grace tousse à s’en déchirer la gorge. Une nouvelle crise la secoue et elle appelle au secours. Je cours dans sa chambre alors qu’elle crache des caillots de sang. Ça ne peut plus durer. Il faut faire quelque chose. Trouver le moyen de la sauver. 
Merde, elle va finir par crever ! Je ne peux plus rester passif ! 
 Moi : Est-ce que ça va, maman ? Tu n’as pas l’air très bien. 
Elle est recroquevillée comme un petit animal blessé perdu au milieu de ce grand lit et je ne vais quand même pas lui dire qu’elle a l’air moribonde…
 Grace, très lentement : Tu sais toujours comment… me remonter le moral… Teo… Je me sens… vraiment très mal… et je n'ai plus de meds. 
 Moi, avec un sourire triste : Normal, vu comme tu les descends à toute berzingue. Fichus meds !
 Grace, chuchotant : Un peu d’empathie… pour ta vieille mère… qui crache ses poumons. Avec quoi tu… voudrais que je me soigne…

Il faut absolument que j’aille lui chercher d’autres médicaments, plutôt que ces meds pourris qui la tuent à petits feux.

Moi : Je vais aller t’en chercher mais tu ne m’enlèveras pas l’idée que si tout le monde se met à gober ça, on va droit dans le mur !

Grace, en soupirant : Assure-toi… que tu as bien tout ce qu’il te faut… avant de sortir… Et regarde l’heure… Ne sors pas… avant la fin du couvre-feu !

Moi : Ok, je vais chercher mes affaires, ne t’inquiète pas, je m’occupe de tout. Essaie de dormir. Tu dois absolument reprendre des forces.

Je pense à elle, mais en même temps mon rêve m’obsède. La pierre est bien là. Je la tiens serrée dans ma main. C’est inexplicable ! Je pars à la recherche de ma carte d'identité. Il faut toujours l’avoir sur soi en cas de contrôle de la police. Ils ne rigolent pas avec ça. 
Où j’ai bien pu la fourrer ? Je fouille un peu partout dans la maison et je ne suis vraiment pas discret !

Grace, haletante : N'oublie pas… ta carte d'identité surtout… Quelqu'un a été arrêté hier… il n’avait pas… ses papiers sur lui… Et tu sais ce qui arrive… quand on est arrêté… dans cette ville.

Moi : Oui je sais ! On meurt. Comme Papa. Tu n’as pas besoin de me le répéter encore et encore.

Grace : Je ne veux juste pas voir… mon fils… mourir comme son père… cela ne se produira pas… moi vivante.

Après avoir repris un peu de son souffle, elle continue dans un murmure : Pour ta carte… regarde voir… dans la boîte…

Moi : Quelle boîte ?

Grace : Ne fais pas l’idiot… La boîte où nous gardons… tous les documents importants.

Moi : La boîte dans la chambre de Jenna ?

Grace : Non dans l’entrée… Et ne réveille pas ta sœur… elle a fait beaucoup… d’heures à l’usine. 
 Des bribes de mon rêve me reviennent en mémoire alors que, dans l’entrée, je m’acharne sur la boîte fermée à clé qui contient ma fichue carte d’identité. J’hallucine, cette foutue serrure me résiste ! C’est la merde, le bordel, la dèche ! 
J’essaie de me calmer avec en bruit de fond les râles sourds de ma mère mourante. Je cherche le coupe-papier, l’outil magique pour tout ouvrir dans ce taudis. Il me semble que je l’ai vu quelque part. Je fais rapidement le tour de notre domaine enchanté, mais interdiction d’entrer dans la chambre de Jenna, elle dort, comme toujours. Elle couvre les heures de Grace à l’usine et elle rentre très tard. Heureusement qu’Anthony, son mec flic, la raccompagne. Je n’ose pas imaginer ce qui pourrait lui arriver sans lui ! C’est vrai que ma jumelle est assez canon. Si seulement elle n’était pas aussi garce avec moi. Nous étions si proches, avant...

J’inspecte le salon. Et là, je le vois, le coupe-papier ! Il trempe dans la tasse de ma mère. Dégueu, elle l’a utilisé comme cuillère ! Et dire que c’est moi qu’on traite de porc dans cette maison ! C’est vraiment l’hôpital qui se fout de la charité !

Finalement, la serrure s’ouvre sous l’instrument magique. Ma carte d’identité !

Je m’habille à toute vitesse, plongé dans mes pensées. Je dois profiter de cette sortie pour essayer de retrouver l’homme qui a sauvé cette fille à la télé. Dans mon rêve, il a dit : ta mère peut guérir ! La voilà, la solution !

Le jour se lève à peine. Grace a fini par s’endormir d’épuisement. Il n’y a plus aucun bruit. La voie est libre. Je quitte l’appartement noyé dans la pénombre. Et j’emmerde le couvre-feu…


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