CHAPITRE 8


Je descends deux à deux les marches d’escaliers de ce building miteux. Près de la porte d’entrée de l’immeuble un chat dodu me fixe. Probablement bien nourri avec de gros rats ! Je me fraie un chemin parmi les sacs poubelles. Dégueulasse l’odeur ! Les éboueurs viennent rarement ici… Bien trop dangereux ! Ils ont pris peur depuis que les gangs de rues ont brûlé cette vieille voiture. Oubliée ici depuis si longtemps que je ne me rappelle même plus qui en était le propriétaire. Merde un flic approche… Ma respiration s’accélère… Je me planque en moins de deux derrière cette vieille carcasse calcinée. Il passe son chemin, je me calme… Bizarre, on n’en voit pas souvent ici ! En général, on n’est pas assez importants pour qu’ils se déplacent.

Je repars chercher de quoi soigner ma mère. Mais où aller et quelle pharmacie acceptera de me vendre autre chose que les meds « officiels » ? Je dois absolument retrouver l’homme tatoué ! Seul lui pourra m’aider à la sauver…

Je trace rapidement dans les rues sombres. Le jour se lève à peine. Comme toujours les nuages persistent et signent. La ville reste plongée en permanence dans la brume, une espèce de halo moite et lugubre. Comme tout le reste, le soleil a déserté la ville depuis des lustres. Il est très tôt et à cette heure, aucune pharmacie n’est ouverte. Malgré la pénombre, je remarque sur les murs la présence de graffitis qui ressemblent à… la croix de mon rêve. Hasard ? Coïncidence ? Puis je tourne sur la rue principale et je tombe sur Paige. Merde le couvre-feu n’est pas encore levé !

Moi : Paige, mais tu fais quoi ici ? Ça va ?

Paige : C'est ma sœur, elle est blessée. Elle s’est fait agresser hier.

Elle m’explique qu’elle a un laisser-passer pour se rendre à l’hôpital avant d’aller à l’école. Hey, je me suis douté que je la connaissais cette fille-là ! Malgré le danger, je ne peux pas m’empêcher de questionner Paige sur ce qu’il s’est réellement passé.

Moi : Hier soir la télé en parlait aux infos. Il est arrivé quoi exactement ?

Paige : Je ne sais pas du tout. Ma mère est à l'hôpital avec elle.

Moi : Pourquoi tu n’es pas là-bas ?

Paige : Elle a droit seulement à un visiteur à la fois. L'hôpital est surpeuplé.

Moi : Et toi comment tu te sens après le coup tordu que t’a fait ce bâtard de Roger ?

Paige : J’ai vraiment eu très peur…

Moi : Hé, ça va aller. Mais j’ai moi aussi envie de partager mes soucis : tu sais c’est pas la joie chez moi. Jenna m’agresse tout le temps et…

Paige me coupe : Elle est assez stressée, elle bosse trop. Je pense que son petit ami n'est pas super pour elle. Il boit beaucoup.

Moi : Je sais ! Cette nuit, j’ai cru que ma mère aller y passer ! Sa maladie empire de jour en jour. Elle crache du sang, c’est la déchéance physique et psychique. Tu peux peut-être m’aider ? Ce mec zarbi avec ta sœur… Si ça se trouve, il pourrait sauver ma mère. Tu sais où le trouver ?

Bizarrement, Paige reste très évasive. C’est vrai qu’à ce moment-là, je ne savais pas encore qu’elle a été missionnée par l’Alliance pour trouver le moyen de hacker le système internet de toute la ville. Un énorme secret ! Étant en danger, elle ne devait évidemment rien révéler.

Paige : Euh, je ne sais pas vraiment. Peut-être que le gardien du parc sait quelque chose ?

Moi : Le gardien du parc ? Je ne savais pas que quelqu’un s'occupait du parc.

Paige : Je ne connais pas son histoire. Je sais juste qu'il vit là depuis un bon moment. Il a lui aussi des tatouages incroyables. Peut-être qu'ils se connaissent ? Tu devrais aller le trouver. Son nom c’est Herbie.

Paige me salue, elle doit se dépêcher. Nous repartons chacun de notre côté.

Ok un indice mais quel plan de nase ! Je sais que le parc est encore fermé au public. Rempli de SDF qui me foutent les jetons. Ils sont sales et puent la mort. Mais en même temps, ai-je vraiment le choix ? C’est ma seule piste !

Évidemment, je ne peux pas encore rentrer, tous les accès sont fermés avec des chaînes. Je décide de me cacher comme je peux jusqu’à l’ouverture des portes. Il va falloir être patient. En attendant, je sors mon portable pour jouer. Tout ça, c’est quand même le gros stress ! Besoin de penser à autre chose. Je vais me détendre en m’amusant à torpiller des nains de jardin dans une caverne en feu. Et surtout oublier un peu ma peur.


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